Zulu
Incwadi Yothando *
***
Dans
une ville lagune,
je
marche au hasard de rues
qui
larmoient une lumière rouille
aux
rumeurs assoiffées d’équinoxe.
Au
cœur de ce temps haletant
son
haleine de métal hurlant,
j’erre
à la recherche du cloître
des
racines des ciels d’orage,
berceau
pagan du concasseur de désespoir.
Souvenirs
du futur
Pure
mappemonde de terres inconnues,
elle
aime à pleurer sur l’épaule du vent
en
écoutant s’éclore la fleur du cri
cœur
de son corps habitacle,
receleur
de néant,
Froissée
sur rien,
son
journal de femme de chanvre
ne
parle que de mots
avec
ses maux déteints sur un sommeil
encoché
de cauchemars.
Dehors,
cernée de fureur
elle
déballe la ballade de ses gestes liquides,
pâles
arabesques de vérités contraires.
Lassée,
enlacée au cœur du désert jungle
des
hypnotisés des villes aux regards hallucinés,
elle
observe
corruption
lente des corps,
odeurs
postiches hypertrophiées
qui
se disputent l’espace,
ombres
multitudes,
palpitations
de solitudes,
partout
tristesse souriante d’hébétude.
Plus
tard, demain,
en
gestes lents de mains de mort
elle
sucera les étoiles
filant
le délit de vie
à
l’arbre qui prend feuille,
éclosion
des fleurs de rouille
des
souvenirs du futur.
***
Mirages
Je
me porte cri
dans
un rejet de greffe
au
trou du manque
de
ces hauts murs
crevés
d’yeux qui meublent les villes.
J’ai
tant de mots au ventre
Vie_Rages…
Ondes
stellaires en tous sens,
Rhizomes
de lumière
Squames de lune
Molécules
de vertiges
Reflets d’eau rompue
Stupeurs
de cristal
Colloïde d’écume
Silences
de flamme
Falaises de lames
Coutures
du monde
Images…
sous
les colonnes du souvenir
dans
l’immobilité intemporelle
des minces immensités
mes
graminées s’enlacent au moindre vent
Visages…
nonnes
sélènes
kabuki blêmes nubiennes phalènes
vénustés
pérennes
délicieuses
délaceuses d’ennui
errantes
funambules
sur
la circonférence du vide
Mi_rages ?
Mire_âges ?
Mirages…
***
Toison
Insoutenable
vacarme des corps,
délestés
des vieilles rouilles
aux
heures giratoires
Fuir
à toute ivresse
d’amants
livides
les
caresses
de
lit vide
d’épaves
hâves
Save
Eve
ve
V
!
d’Eve
***
Clin
blanc
de lune
chant
de
caresses
pleines
d’eau
de pluie
mots
bleus
du
besoin
tentation
de la
présence
silence
licencieux
d’un
simple regard
d’Oeil
***
A
-> Z
?
A
à
Z
mots
phrases
enchaînées
essai
ou roman
nouvelle
ou poème
mots
bleus du besoin
de
s’enfuir à toute ivresse
vers
une sagesse d’être-ambiance
oiseau
de nuit aux ailes trempées d’étoiles
vecteur
sublime des transgressions essentielles
jusqu’au
suicide de ces pages blanches aux yeux d’épaves
« Que
suis-je devenu depuis ma mort ? Un souvenir sans fenêtre »
‘’J’’
reste là tout étourdi de l’ivresse de sa fuite de papier
clavier
muet mains suspendues regard intérieur
tout
rêverie transgressif pas si passif
à
entendre dixit silence licence
vertiges
de choses de la vie
causes
d’envies vivaces
corps
cœur accord
tension
des sens
&
excitation
séduction
évasion
zen
Z
¿
‘’à toute ivresse’’ est une image empruntée à Cathy Garcia in
‘’Fissure - les Années Chiennes’’ mars 2007
***
J’aime
Paimpol et… s’affale l’aise…
Qui
l’aurait dit ?
Comment
imaginer un seul instant un tel geste ?
Jugez
plutôt !
Paimpol,
pays de non-falaise
même
si - fadaise ! - un certain l’a chanté pour assurer une rime,,
Paimpol
pays des laboureurs de la mer,
Paimpol
patrie des pêcheurs partant pour l’ouest lointain…
leur
Far West à eux,
synonyme
de richesse – grande – pour les uns -
et
de misère – grande, très - pour les autres,
-
les plus nombreux comme de ‘’juste’’ (sic) ! -
…
partant dans l’ouest lointain donc,
à
la conquête des trésors halieutiques
enfouis
dans le fin fond du cœur des brumes
des
eaux norroises.
Paimpol
si bien contée, si bien Loti…
Pensez,
imaginez,
un
drapeau de révolte au fronton d'sa mairie !
Révolte
culturelle, identitaire, autonomiste qui plus est,
oh !
rien à voir avec le celtisme romantico-politique d’antan
ça
non !
ni
même avec la mer abyssale et ses métiers,
ni
avec quelque chose à l’horizon d’ouest de toujours…
non,
lof pour lof !
cap
à l’est, droit sur les roches apextatiques du Toit du monde
pour
un incroyable soutien à la révolte d’un tout petit peuple
contre
le mégabroyeur sin_ique du maocapitalolibérocommunisme avancé.
Un
vrai soutien, vous pouvez m’en croire.
Un
peu comme l’acte d’un seul spermatozoïde de David contre Goliath,
d’accord,
mais un geste collectif à oser.
Un
geste qui honore désormais toute une communauté…
et
peu l’on fait…
Aujourd’hui,
j’en témoigne devant vous,
juste
face à la mairie de Paimpol,
en
haut d’un mât tout blanc,
claque
au vent paimpolais
un
grand drapeau du
Tibet

J’aime
Paimpol et ça, balèze !!!
***