Fairy tales of nightmares
Personne ne croit qu’il n’y a rien à croire
La vie est un rêve solidifié sur le rebord de l’obscurité,
mystérieux dédale aux caques de troubles secrets.
Espaces troués, fragments tressés par les atomes de la vision
imaginaire
dans l’agitation bourbeuse de la caverne nue de la conscience.
Miroir universel déployé face à un squelette sous une lune au
sourire délicieux.
Transes de souffrance du brouillard sur une mer solide au
symbolisme de cendres.
Floraisons élégiaques aux pétales aveugles, vitrine sphérique
du songe.
Fantasmes hallucinés aux sources des étangs,
marécages paradisiaques aux écumes orgiaques
sous les cris de mise à mort de la viande de cimetière
égorgés en fleurs rouges immuables et soumises
à tous ces mots choisis pour leur évanescence sournoise.
Tu restes assis, vision brouillée des larmes de lait caillé des
joies enfuies
face aux poissons sortis des œufs mésentériques parmi les
sables jaunes,
sortilège des germes de l’univers blanc, néant de tout né
antérieur.
Arbres oniriques aux fleurs de sommeil rabiques,
arbres hurlants d’oiseaux prêts à découper la nuit au disque
de la lune
en longs trémoussements obscènes de somptueuses houris païennes.
Il n’y a plus de pluie d’oreilles vermeilles et la vue
n’est que poussière d’eau de lune
dont le feu dépourvu d’espace se retire à l’intérieur des
os du vent
sous la lumière troublée de préjugés des chalumeaux
callipyges du soleil.
Les palmes anachorètes au front de gymnastes dravidiens lancent
des plongées orgasmiques
au cœur des canicules vertigineuses et vides du pouvoir cunéiforme
vacant.
Tu reste là, plante de l’origine du feu,
retiré au-delà du bonheur ballotté des balbutiantes beautés
adolescentes,
là où deux miroirs infinis se regardent,
extatiques de ne rien refléter de la terre noire où les morts
se boursouflent.
Par un jour de froid zéro sans forme,
tu aperçois au travers des fenêtres de neige
aux ombres infranchissables par les cubes de soleil
venus des montagnes bleues sur un ciel d’encre brune
orphéons, cliques et fanfares qui, dans un bouillonnant
tintamarre
sonnent, claironnent, percussionnent et carillonnent
devant les foules falsifiées et félonnes qui ovationnent.
Puis vient devant tes yeux,
bite, con, chatte, pine, tout ce vers quoi tu t’inclines,
la Pâle Ophélie rousse que tous les diables troussent
afin qu’elle les détrousse de leurs minables bourses.
Un soleil rouge se lève, rébus labyrinthique,
sur les montagnes merdiques de ta vie mécanique.
Hantise de cette agitation de fourmilière
à la tiédeur de fourrure des ombres passées
entée sur la ville aux derniers vestiges du jour,
comme un terrible chaos d’espace et de temps.
Morne mer du temps amère à l’excès,
impropre à dénouer la nuit des champs de pierres aux trous
d’ombre.
Dérive des rêves des Ravis anonymes,
illusions peintes aux fonds des yeux.
Effacer sa propre mémoire de la mémoire
peuplée de visages et de présences en suspens.
Personne ne croit qu’il n’y a rien à croire.
****
Son parfum au détour des nuages
Calme et livide, elle joue de ses yeux de mauve,
fabuleux, de ses yeux athées, de ses yeux qui sauvent
dans un bruissement de papier froissé.
Son mystère est un cristal,
une peau de pierre froide
au milieu d’un océan de roseaux creux.
Blanche, blême et insensée,
enfant d’une mère stérile,
elle est arrivée en hurlant
jusqu’aux rivages d’un rêve de femme.
Elle semble être en vie.
Les yeux rivés au sol, contemplatifs,
sans la moindre trace d’un son murmuré,
elle peigne la toison pubienne de sa peine
comme un papillon posé sur le cœur du monde.
Dans la matrice étoilée impossible à connaître,
incendiaire des désirs déçus
au crématoire des passions illusoires,
elle va bulle amère sur la mer du temps somnolent,
saturée de rages secrètes et brutales
contre les rafales de son mal,
rugissement écarlate d’un irréel orage
du soleil en deuil de la nuit.
Son sang s’évapore dans l’or de l’horizon
Je suis trop vieux pour me soucier de la mort.
Je guette son parfum au détour des nuages.
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Flocons de lune
Sur un univers de lunes d’os blanchis
tombe la fine pluie d’envies.
Dans le grand campement de l’innocence impatiente
la clef mystérieuse de la chambre resplendissante
répond aux sonorités diamantines des pierres de houille
petites voix délicates d’un beau gris perlé de rouille
dotées des espaces lassés des copeaux de cristal.
Souple suaire adolescent à la mentalité moniale
elle est seule sur la route sans voix où seul l’horizon voyage
dans les grandes averses sombres d’un carnage.
Elle lutte solitaire sur ces terres d’Immondie
si pleines d’inédits trop souvent interdits,
vestale digitale
aux saveurs lustrales.
Sibylle rebelle
des initiations infidèles
cette gracile et féline Ophélie
jubile aux félicités des folies
phalliques de ses nubiles idylles
faciles et mille fois juvéniles.
Dans l’éclosion de son plaisir se dévoile
le récif teinté de rose d’une buée d’étoiles.
Quand l’après midi sombre dans le crépuscule
sur les taillis pétrifiés d’une sombre forêt
tout en zébrures et madrures de lumière dorée
elle découvre ce vide onirique où gravitent
les esprits aberrés aux ombres effarées de flocons de lune.
****
Île perdue d’une nuit sombre
Une
grappe d’étoiles duveteuses jubile
sous la langue ardente d’un vent tropical
dans l’antre d’encre d’une mémoire confuse.
Dans certain train de nuit,
corps libéré des contraintes des échanges imprévus,
collision jusqu’à l’épuisement dans la psalmodie mutilée
d’un suicide mental.
Par une étrange lassitude blasée,
des brassées de brosses brisées
se dissipent lentement dans l’ombre et la lumière
d’une eau au goût de rouille.
Purs appâts d’un trépas sans apprêt
des globules incandescents aux reflets liquescents
se confondent dans la violence et l’hystérie d’une chaleur
moite.
Dolence / somnolence / démence,
éjaculat de croassements insensés de mauvais sabir
au cœur des sphères d’existences tribulatoires à l’abîme
voluptueux.
Sous la buée d’ardoise du ciel encré d’enluminures de pluie
des lambeaux de papier et de plastique
piqués aux épines des voies se déchirent au vent,
glanures fragmentaires et insensées
aux textures hallucinatoires et mutilantes.
Nuage poudreux des insectes de la nuit
pris au piège d’une lampe au soleil sucré,
île perdue d’une nuit sombre.
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