Autopsie
d’un Vivant
Rêve
en Vrac
A
la fenêtre ce matin
elle
se dessine sous la dentelle
et
mes yeux sont sur elle.
Tendresse
épidermique.
« Mets
ta main où sont mes doigts ! »
Parfum
de fille troublée
dans
la musique du silence.
Là
où commence la grande faille,
je
vais, fouille et trouve...
Calligraphie
de jambes et de bras
Idéogrammes
des corps.
Torque
de son cou étoilé de sueur
Arc
luisant de son torse contorsionné
Pectoral
sacré de ses seins
Orgues
de calcite de ses jambes à mon cou
Coupe
d’ombre d’entre les cuisses
Pinceau
souple de ma langue
Feu
de sel sous le délicieux velours
Filage
des soies de sucs
Parfums
mouillés de pré brouté entre sueur et rosée
Religion
de cris et de supplications.
Moiteurs
d’orgasme de son gémissement enfin lisse
«
Cà a toujours été mieux avec toi... »
Toutes
ces excuses inutiles de nos retrouvailles...
Musique
antalgique.
Et
maintenant ?
Odeur
d’une ombre rousse.
Bruine
de bruits d’eau.
Frottements
des voix.
Mots
étoiles mortes.
Courbure
du silence
au
lent étirement des sons.
Cendres
bleues de l’air
peignées
d’un soleil dispersé.
Ombre
d’une odeur.
Battements
de cils.
Silence
immobile.
Photo
de hasard au fond d’un tiroir :
Ut
ultime des corps en noces blanches
Loques
chaudes du sommeil. Encens des couleurs...
Testament
trouble des traces.
Regard
dissous d’une voix transparente.
Coup
de grâce d’un silence.
Le
sexe cicatrise mal...
Ne
plus y penser.
Mort
du silence. Rester de glace.
Voix
crucifiées dos à dos
« D’où
qu’elles viennent les nouvelles sont mauvaises...
tu
as vu ?...
l’homme
est pire qu’un animal ! Non ? »
Rester
sourd. Cœur transi.
Signes
épars de l’espace
dans
les plaies à vif du vent d’avant.
Nez
écrasé sur la vitre.
Buée.
Vertige
des contours flous.
Trait
d’un doigt.
Sillages
lacrymaux...
Effacer
les miroirs d’angoisse du vitrail.
Je
ne suis pas ce qu’on attend de moi
et
partout çà fait mal.
Mal...
...
mais pas d’autre vide en moi que moi.
******
Addiction
Alcools
outrepassés
Outrages du corps
Trogne
pochetrone
Nez
rutile bourgeonnant
Outre
outrancière
Outrecuidance
d’entre cuisses
dense
la lance,
danse le gonfanon rubis
fouisseur
de l’écume des femmes
vite
aspiré par le vide sous vair voisin
Etat
second
Plongée féconde au tréfonds
Visions
adiabatiques
******
Je
règne à genoux
Je
règne à genoux
dans
les cuisses du temple
interdit
de dentelles
la
tête auréolée
du
vair d’un ventre blanc de femme
L’encens
des heures tantrique
coule
entre mes mains
suis
la flèche du doigt
sans
souci de naguère
Un
parfum paresseux sourd
à
fleur d’une pupille de rutile.
Deux
doigts de plus
découvrent
une source
dans
la moiteur d’une soie lascive.
Loin
au dessus de moi
le
rauque fredon d’un râle suave :
« Laisse
moi mourir ainsi... »
Et
des larmes plein les mains
******
Où
a fui le vent ?
Cerveau
naufragé à l’apex du néant,
ailleurs
équivoque et lointain,
flou,
lumineux
chaos de lueurs bleutées
au
sanctuaire de rochers obscurs du désert,
dans
le brouillard épais du silence.
Extase
froide.
Anciens
signes au matin bleu des branches fracassées,
au-delà
de l’ignorance aux mots aveugles et sourds.
Voix
d’un sous vêtement arraché.
Frémissements
d’un ventre,
palpitation
de la braise des pierres de vérité.
Pierres
en feu,
terre
en travail,
lumière
d’austérité d’un ciel écru.
Nuit
Obscurité hargneuse
Etoiles
oxydées,
lune
corrodée
au
firmament glacé d’une ultime nudité.
Murmure
de la pluie Sens de l’absence
Où
a fui le vent ?
******
Une
Solitude de Gel mauve
Acide
insupportable des astres
aux
spermes fastueux.
Partout
l’ancienne blessure de l’espace
dans
les plaies à vif du vent d’avant.
Hauteurs
vantées du vide.
La
vie sans rien dire.
Foule
des morts.
Catacombes
pavées de crânes.
Lumière
semblant venir de ce vaste entassement d’os.
Orgues
de cippes de marbre cipolin et de cyprès.
Silences
de fétiches.
Calligraphies
du vent comme sexe des parfums.
Fébrilité
frileuse fragile factice.
Nudité
de l’eau aux nénuphars secrets.
Bruines
de bruits au ras des grès tendres.
Pierre
liquide.
Jardin
de gravier blanc ratissé.
Seule
la vrille d’une feuille safran
entonne
les psaumes de la pénétration,
musique
vertige, musique vestige à la couleur de rites.
Pas
de face à face qui fasse obstacle.
Impasse
de soleil, impassible curare.
La
toile se déchire
sur
ses successives profondeurs cunéiformes.
Nous
restons seuls,
territoires
désertiques et blancs,
poussière
jusqu’au bout,
et
personne ne sait s’il naîtra enfin une beauté.
Gel
mauve de la solitude
Aspirations
spirales...
S’évanouir
dans la transparence du coup de feu...
******
Musique
des Ombres
Dedans...
Cristal
de l’instant du choc
au
bord du bol tibétain.
Stridence
du bronze
trempé
aux entrailles de l’air.
Cendres
grises et légères
de
l’encens d’une flûte de roseau.
Premier
pas d’un amour boomerang.
Fougue
fugace sagace.
Houle
des corps
à
la douceur du rut.
Paresse
de parfum
à
l’épaisseur impalpable.
Suffocation
de dire
les
larmes de résine
sans
savoir ce que déplace
les
hauteurs ventées du vide.
Chien
fauve des mots
dévoreur
de sommeil.
Tout
temps finit par être révolu.
Dehors...
Espace
vide sans totem.
Alignements
de pluie.
Notes
hachées d’un air de flûte.
Cristal
de l’instant du choc
des
gouttes au carreau.
******
Renoncement
de la fenêtre embuée
Soupir
vampire du pire s’inspire :
Avoir
vu dans l’avenante avenue des Avanies Advenues
toute
pavée d’aventurine verte
l’avènement
avili de l’aventureux Avenir.
Dans
le blanc, le silence, le désert, une voix peine.
Lambeaux
obscures de la tendresse.
Nuit
choyée de perles bleues, prospérité de choses futiles.
Forêt
souveraine de la solitude
où
se clore comme une fontaine vacante et froide
puis
dormir chaque rêve.
D’une
voix sans rides, imperceptiblement,
la
mort vient se poser sur la vie
mais
ses plumes sont si fines...
Tu
sais bien qu’au-delà
il n’y a rien.
******
Nuit
Mémoire
de l’eau.
Eau
de métal, sans limite,
sans
émotion,
tout
imprégnée d’elle même,
sauvage
et grandiose,
altière
ego centrique.
Monde
où rien ne reste secret.
Forêt
en marche des roseaux des rives
sous
le vent du soir.
Temps
laissé à l’herbe où les morts indociles
corps
errants par cohortes entières
chassent
les nuages.
Cieux
odeur de fusion translucide.
Incendie
passiflore pas si triste d’outre corps.
Corps
sans émoi caressés d’eau
molécules
tactiles
agrippés, imprégnés, délayés,
fission
fusionnelle
liquide des noyaux
mémorisés
sans formes
recristallisés,
égouttés,
essorés
cor(ps e)aux
cor(ps
d’)eaux pour voyager en tous lieux
une
simple pente... ailes déployées...
s’évanouir
A
cet instant donner et prendre ne font qu’un
Subsiste
une certitude substantielle
faisant
autant de bruit ailleurs que dans le néant,
il
y aura un jour autre chose que le jour.
******
Vacance(s)
de Source
Azur
indescriptible
Lente
approche flexueuse de l’eau
dans
la gravité d’une simple pente
Suintements
Chatoiements
Ecoulements
Scintillements
Jaillissements
Eblouissements
Déversements
Estencellements
Serpentements
Flamboiements
Gravoiements Resplendissements
Sédiments
Miroitements
Eau
mouvement Eau autrement
Eau séminale
Arpentage,
partage, alliage,
Paysages
Sauvage alliance
Morbidesses délicieuses
Le
vent des montagnes n’engendre pas l’oubli
******
Silence
du Vent
Souffles
rythmiques des pierres de rêve
Brumes
mauves et gris de perle
des
réalités cachées de l’Univers
sphères
diaphanes teintées de bleu
Calèches
aériennes des nuages,
miraculeuses
éphémères
Continu
des choses
Apparence Réalité
fêlures,
interstices,
failles
en
noirs glyphes d’herbe
au
parfum de santal mouillé
d’une
laxité précieuse
Transparente
légèreté
du
silence du vent.
******
Portés
disparus
Images
venues d’Elfriede
comme d’ailleurs d’ailleurs
Visages
en offrande aux pylônes
où
les morts indociles
corps
errants par cohortes entières
gorges
lacérées de quintes,
thorax
tout tordus de toux
nus
d’une terreur vératrine exorbitée
avec
au cœur la longue douleur
du
temps des cerises et
des vers moqueurs
rempliront
bientôt le devoir de disparition.
Suffit
que la colle vieillisse
pluies et vents le reste
papier délavé
couleurs
lacérées
Villeglé
comme d‘autres entre
autre.
texte
publié dans
la revue Traction Brabant n° 30/31 juin 2009
******
Perroz
Goañvezh
Ciel
sombre
Plafond bas
Vent
fort
Mer
agitée
Port
à flot
Eaux miroirs
Mâts
bambous
Drisses
clarines
Cormoran
perdu
Aigrette
frileuse
Casquettes délavées
Cirés
pensifs
...
Plus tard
Lumière écrue
Grains violents
Volets battants
Ciel
mosaïque
Atmosphère dorée
Bourrasques molles
Couchant
violine
Bonsoir
Zone
Heureuse
******