Le pouvoir du Prince           par Gilles Hénault

extrait de "Graffiti & proses diverses" Réflexion de Diogène 1         de 1941

 

...[le Prince] prétend gouverner, mais ce sont les circonstances qui le façonnent. Donc, il compose. C'est un compositeur. Malgré la cacophonie d'un réel qui lui échappe, il tente d'y établir l'harmonie par un discours qui couvre les fausses notes. Moins il aura de prise sur la réalité, plus son discours sera ferme et rassurant. Plus il donnera l'illusion - magique - d'un pouvoir absolu. Or le peuple s'e,lise dans ce sable mouvant.

...

Pour contrer les arguties et les entourloupettes du Prince, il n'y aura qu'une arme : la naïveté. Elle consiste à dire /: après tes belles paroles, que me reste-t-il dans la main ? A quoi servent tes engins de destruction ? Tes hausses d'impôts ? Tes discours sur le chomage ? Tes remèdes à la crise ? Qui profite des tes milliards ? Qui paye les intérêts et à qui ? Es-tu responsable de l'économie du pays ? Si oui, pourquoi est-elle dans un si piteux état ? Si non, pourquoi prétends-tu gouverner ? N'as-tu de pouvoir que sur la parole ? Il semble bien que oui, si j'en juge par le peu qui me reste dans la main, quand tu m'as tout enlevé ou presque. Prince, toi et ta grande gueule, ne me cachez pas le soleil. J'y verrai plus clair et je me boucherai les oreilles.

 

( pour conclure, citons un graffiti du même auteur écrit dans la première moitié des années quatre-vingt)

Je connais des pays où les dirigeants sont prêts à instaurer l'Etat policier, s'il le faut, pour sauver la liberté et la démocratie !