Patrice Maltaverne

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Sommaire
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Patrice a choisi d'envoyer régulièrement des poèmes qui décrivent une "vie de rien" à partir des six mots
(projet d'écriture américain, le premier texte proposé est fondé sur les 6 mots choisis par Hemingway)...
1
A
regarder les fonds d’armoires
Jamais
je n’aurais dû grandir
Vendre
ma dépouille de bébé
Même
s’il faut plaire aux mites
Pour
des chaussures deux fois portées
2
Il
n’est pas sorti de sa poche
Le
couteau qui brille même en avril
Du
ponton il n’a pas empêché
La
lumière de descendre à pic
Plus
vite que ce vieil homme
Qui chancelle à la marge de lui-même (Vies de rien)
3
A
force de ne pas y mettre d’accents
Les
pages du seul livre toujours en cours
Telles
une carte sans relief
S’envolent
de mon personnage
Habitué
à vivre à l’étage de la mort
Déjà manipulé par l’étendue de son sommeil
4
Seuls
les petits déjeuners viennent de l’extérieur
Dans
ce local ridicule où j’attends
Que
sonne l’heure du nettoyage
Une
fois la clientèle partie en bolide
Et
moi avec un balai pour les toilettes
A
m’entortiller sur le balcon dans leurs linges
***
à suivre...
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Ça commence à faire quelques années que je traîne mes guêtres dans un marécage qui doit être celui de la poésie. Mais de cela suis de moins en moins sûr, depuis que je m’occupe de « Traction-brabant », poézine dans lequel diverses écritures se mélangent au point de ne plus appartenir qu’à un réseau tissé d’individualités très fortes, sans souci des styles ou cousinages de sang.
Bien que largué au sein de ce monde sans excès de repères, c’est bateau en tangage et néanmoins vrai de l’affirmer, je suis né dans la Nièvre, à Nevers en 1971, et malgré l’accroissement des distances, l’été dans le secret désert alentour est toujours prenant. Peut-être une raison essentielle d’écrire des textes « Comme… une lampe qui s’éteint » lorsque après « La fête seule » j’entame une « Descente au nadir » qui doit me permettre d’accueillir entre autres « Mauvaises nouvelles » « Le don du sang de la demoiselle en tailleur gris » et de vaincre « 36 préjugés avant la mort » pour affronter avec « Samson des bidonvilles » un état de « Sans mariage » en disant « Merci pour la musique » avant de laisser quelques « Souvenirs d’une ville illégitime ».