Inédits 

 

Se laisser pénétrer par l'après (histoire)

(& leçon de philo quotidienne n°3872 bis)

                                                     à Jean-Louis Millet

 

Ne rien faire. Ne pas être. Ou à peine. Sans fonction. Souffle qui

passe.  Chaud.  Froid.  Se fondre.  Saison.  Au gré du soleil.  Doux.

D'août.  Faire corps.  Rien.  Faire corps avec le décor cosmique.....

 

S'enfouir. Sans foncer. Fonder la paresse, allégé. La légitimer. Que

rien ne paraisse. Hors mode.  A contre-courant.  Au fil de l'eau. Ne

rien. Ni fer ni terre. Ni faire ni taire. Etre sans con-naître. N'avoir

 

Pas.   Plus.   D'ambition.  Glisser dans le végétal. V égéter.  Se griser

d'anima.   Libre.  Bête auto-domptée.    Sans désir,   espoir,   naïveté

vanité,   but,   illusion,   paraître...  rien d'autre que l'orgueil étouffé

 

une bonne fois,  pour toute(s) f oi(s).   En veilleuse.   En Art - mot nie.

Ni croire ni douter. Ne. Né. Ne rien. Diffère. Riant fer mais, enfermé

dans le cercle vertueux  de l'exercice spirituel.    Pur esprit.    Volant.

 

Planant.   Courant der.   Inclus dans le cycle.   Hop !    Cercle vis-cieux

Sir',  cul,  l'air d'en avoir deux.   Ne pas ETRE  méga  giga  gigot  LOT

Rien.   Affaire inerte.  Pro-tôt-type de l'anticapitaliste, pacifiste, anti

 

consumériste.    Cool.    Zen.    Fingers in the nose.    Doigts de pieds en 

éventail.  En bouquet de violettes.   Décontracté du gland.   Protozoaire.

Prime ère.    A peine,    être / ah,    pénètre... moi,   de tous tes atomes !

                                                                                        août 2008

 

***

 

Sale à fiche (mal)

 

 

*** 

 

Là coule heur(e)  

 

"Mi lune sur un bleu électrique"  dessin de jmc

 

Précipité de sons /

Voix criaillent voix rient /

Boîte urgente /

Voies turbulentes /

Les mots en mottes serrées

- Debout !

Les mots montent tôt oh ! Toto totaux plafond

où se cognent nos émotions

Hourra ! hourra !

L’aise, enfants, se répand – PAN !

dans le ciel en fumée

ciel bleuté, ciel d’été – et T – T

ma tétée / math éthérée…

Les ans fendent la mer

flots de ballons de bulles

Sur la plage on s’égaye

- Même le maître décolle…

emporté par les rêves des élèves :

sans trousse ni cartable, sans livret ni manuel

                                       que l’ivresse de l’air

Ils se font la belle

et se fondent

dans le décor estival

En vacances – YOUPI !

Ni devoirs ni horaires,

le rêve illimité…

Éponges et craies se dessèchent

tombent en poussière.

Les enfants rient crient

chari-vari tohu-bohu chahut

 

Mais, tout au fond de leur joie d’enfant,

un petit pincement :

s’ils ont grandi appris compris

pendant un an avec cet enseignant,

ils ont le cœur serré, imperceptiblement ;

disent « - Au revoir. Merci ! »

– ce que disent des petits de 7-8 ans

qui savent qu’ils ne reverront

plus l’instituteur,

et qu’il leur manquera

– comme ils lui manqueront !

 ***

 

   C’est la faute à Paul Inerre, à Line & Luc Table !

                                                                                 pour nos pères si soucieux

 

 

   Ils se décrochent par lambeaux les morts, les morts, les souvenirs

et les blessés sur leurs civières, un jour, un jour, était-ce hier 

(où, hâve en Thiers ?)

Elles s’éloignent, les amours, flouées, floutées ou filoutées

L’être desquame – tête et pieds

– Rappelle-toi : quand vous rampiez / malheureux / quand vous agrippiez

aux chimères de l’amitié / Miron / Ferré / Soupault / Aragon / Ionesco…

Vous accouriez… à votre perte,

à guetter ou à espérer un mot, un appel, un courrier

Sous un soleil de nuit d’hiver, l’ombre gagne – souriez !

Sur la terrasse de Prévert, Impasse Vernon, près d’Ursula Vian-Kubler,

vous teniez un camembert Pompidou entre vos mains,

la couverture d’un journal satirique où dessinait Reiser

[s’il y était, c’est qu’il vivait ? – Rien n’est moins sûr !]

Sur la terre assez… art, assez !

Est-ce la faute à Paul Inerre ? – à pas de chance – ô tant passée ?

Vous pleuriez, le corps ramassé, muscles bandés, vous jaillissiez

– ce bel élan (moi, ça m’assieds !) qu’on passe par pertes et profils perdus…

Mais revoilà le vert divers : « - Retenez-vous, bon dieu, mon vieux ! »

Parabole du tronc de l’arbre, métaphore pour quelle chute ?

Les images se détachent, branche après branche [pet – donc – cul]

Une à une arrachées, les feuilles, qu’on vole à l’âme et l’ancolie

et l’art haché

                      jonchent la terre – ah… ces corps nés

pour s’effriter, pages cornées…

Ah, ces souvenirs amassés, en tas, leurs feuillets dispersés

par la moindre brise, le premier vent de septembre /

Il faut attendre qu’un tas de chaire soit tas de cendres

       et refroidir

                         César

– d’heur, il n’y en a guère !

O ma tendre, il n’y a pas, pour le cardeur, moyen de filer à l’anglaise

Pas d’éternité, con de Blaise !

Pas d’escale, mais un voyage –

que l’on soit ou ne soit pas sage

– il y a, pour TOUS, un passage

étroit, étroit, si singulier.

 

   Et les morts et les souvenirs, par lambeaux/feuillets se décrochent –

il n’y a pas sur Terre assez de place – passons… on passe

– pressons, passé :

de vie à trépas, c’est, las !

Line & Luc Table (ou Paul Inerre ?).

 

 

***

Mé-faits d’armes

 

L’arbalète a donné l’arbre à lettres.

Le mot canon, on ne sait trop pourquoi, s’adjectivant, qualifie une pépé bien roulée (selon les… canons de la beauté en vigueur) qui dit 33, 22 ou 69, selon qu’elle s’adresse à un armurier ou à son docteur (nombre égal), qu’elle ré-clame la peau lisse (à corps et à cris), ou qu’elle préfère une tout autre position à l’imposition des mains…

La sarbacane a de fortes chances de bientôt pouvoir prétendre faire la pige aux arbres à came.

Le revolver est un drôle de pistolet.

La grosse Bertha a décidé  de suivre un régime amincissant, car, à l’instar du battement d’ailes d’un papillon, lorsque cette baleine terrestre expectore, le séisme ainsi déclenché est tel qu’il ferait passer les barrissements d’un éléphant atteint d’épilepsie dans un magasin de porcelaines pour des éternuements de mouche aphone au beau milieu d’un opéra de Wagner.

Le lance-Pierre s’ennuie. Il n’en peut plus d’attendre qu’un lauréat du concours Lépine daigne se pencher sur son désarroi et, ingénieur génial, voire même simplement ingénieux, qu’il trouve enfin le moyen qui permettra à coup sûr de lancer des Jacques, des Paul et Je-T’ai.

Le tomahawk se languissait de son propriétaire décimé ou confiné tel un dernier Mohican en un lieu de sauvegarde de l’espèce appelé « réserve ». Si le génocide des « Indiens d’Amérique » (sic) n’est hélas ! pas réversible, que les mannes de leurs ancêtres se consolent : le tomahawk a été sauvé de justesse de l’oubli grâce à la diligence (ah, ah) des généreux Généraux US qui ont eu la lumineuse idée de baptiser ainsi un missile sol-air capable de vous scalper non plus un seul minable crâne mais tout un territoire plus sûrement que les ultra-violets solaires sont à même de violer par tous les trous la couche d’ozone de notre vieille boule planétaire…

Il n’est pas jusque l’automobile qui, détournée de sa fonction première, se révèle une arme efficace, voire – utilisée à bonnet sciant – carrément meurtrière. Mais, si on affuble ce cercueil à roulettes du patronyme d’un grand peintre : Picasso (pour ne pas le nommer), alors, la désincarcération prend tout son sens, le style accidenté de l’œuvre Guernica est enfin décrypté… et ça devient du GRAND ART !

 jmc  2008

***

L'Etoile

 

 

jmc 2008                                                                                                                                            illustrations de l'auteur

 

******** 

 

                           

Mort raté(e)                 Mords, athée !

                   [à vous                                  a-voue]

Devenir                                                     D’eux venir

S’extraire                                                  Sexe traire

A la matière                                              A lame, à tiers

S’arracher                au        néant             S’art hacher

            Erroné            Héros né            Erre au nez     

A la barbe du vieux *                               A venir pour mieux

                               y         revenir

Et moisir                                                   Emois, ires…

 

* ce Lui que des générations de naïfs appelèrent « dieu » et (n’ayant d’yeux

    que pour eux-mêmes) firent à leur image : assoupirepus-vieuxbarbugâteux

© texte et dessins jmc - inédits - 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

toutes illustrations jlmi & Thomas M. 

 

FTP, FTP
 
                                                        réponse à un ami !

Fais Tout Pour

et rien contre
FTP, FTP
Franc-Tireur Partisan
 
Fustig' le Tout-People
Frein' le Tsar éPuisant
FTP, FTP
Fais obsTacle au Puits sans
Fond des Tyrans : Poubelle !
 
FTP, FTP
Fais Tes Preuves - courage :
Fous Ton Poing, STP,
dans le fion des
Fachos déTrousseurs de Peuple
(et autres "enculés", l'homo-
sapiens me pardonne !)
 
FTP, FTP
Fous la Trouille aux Pleutres
Fielleux Tortionnaires Propresureux
qui Font Tout pour nous Perdre
tant qu'ils peuvent y gagner...
 
FTP, FTP
Foutre - Tromp' - Pète
aux nez de ces merdeux
Fils Transis de Pétain
Fiers des Terreurs Passées !
 
FTP, FTP,
appelle à exister
et donc à
R E S I S T E R

janvier 2008

©  jean-marc couvé - inédit- 2008

 

 

 ***

 

Mal Kaki qu’est cocu ? 

                                          (à Cathy Garcia)

                                        - Ah, oui, viens, bien profond !…

                                          Dis, tu la sens ma grosse ouverture ?

 

Le gars Sarko,

kif Gynéco,

pour seul écho,

nique ô Las’ caux !

 

Quand, bas du cul,

ce vieux coq – hue !

fait la bascule,

on est tous cu…

                          its, hi, hi, hi  !

 

Il dit « Y a qu’à… »

et défèque, ah !

P’tit Nilocas

est un cas qu’a ! *

 

Le pote exquis

du qui-est-qui **

est un Marquis

fort rikiki.

 

Si France, à quai,

relit Môquet…

sans queue, Mickey

peut pas niquer !

 

* du verbe avoirdesamisriches

** Who is who (in french)

  

@ Métaphore

Essayez donc de faire sécher les nuages

sur les cordes à linge des fils électriques.

lecture jlmi

 

@ Légalité de l’Egalité, ou d’une utopie deux fois utopistes.

 

Quand nous serons tous « égaux » vous verrez qu’il se trouvera

encore des individus pour reluquer (dans) l’assiette de leur voisin,

en soutenant, d’un ton fielleux altéré par l’envie, que s’y trouve

une olive de plus que dans la leur ; ou en affirmant qu’ils ont écopé

du vert filandreux du poireau, tandis que l’affreux voisin, lui, a eu

droit au moelleux blanc de ce légume inégalement savoureux !

 

©  jean-marc couvé - inédit- 2007

***