Bure
ne fait pas nonne.
J’étais
ce matin encore dans le Paris Rouen de 6h45. A l’arrêt de Vernon, toujours la
même affluence de lycéens.
S’installe
à quelques sièges de moi, une fille de dix-huit, vingt ans, d’allure très
classique, en jupe et corsage, le visage au naturel, les
cheveux maîtrisés dans une coupe au carré. Rejoint-elle une école privée de
Rouen?
A peine le train reparti,
après une brève recherche dans un sac en plastique à la marque d'une grande
surface, elle dispose sur la tablette devant elle un petit sac à main de peau
mauve dont elle extrait nécessaire à maquillage et bijoux fantaisie. Au bout
d’une dizaine de minutes la métamorphose se ponctuait par la pose d’un
bracelet de cheville en argent.
Au bout de quelques temps, une fille en jean et blouson de toile vint s’asseoir à sa place. Ses cheveux étaient savamment décoiffés. Elle portait le même sac en plastique... et le même bracelet d’argent à la cheville...
J’ai
alors imaginé un père de famille satisfait d’expliquer à des amis lors
d’un dîner bourgeois de province comment lui tenait sa fille, contrôlait sa
tenue et probablement ses lectures et ses relations…